ET SI LE CHANGEMENT COMMENÇAIT PAR UN COUP DE MAQUETTE MAGIQUE …

Un dessin créé en équipe, une maquette testée dans l’atelier, une structure façonnée sur mesure… L’entreprise BTG, leader mondial dans la fabrique de lames pour l’industrie du papier, a bénéficié de l’impulsion de Belean Consulting pour remodeler un poste de travail. Cette démarche « Lean Inclusive » a remporté une véritable adhésion. Visite à Eclépens auprès de ceux qui en ont été les principaux acteurs.

Texte : L’atelier textes, Corinne Chuard. Photos : BTG

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Le défi chez BTG, qui emploie 600 collaborateurs-trices dans le monde et qui fait partie du groupe Spectris (8.000 collaborateurs-trices dans le monde) ? Réduire trois modules (un pupitre, un panneau d’outillage et un ordinateur) en un seul poste d’opérateur, gagner en sécurité (ce triple poste se situe à quelques centimètres d’un passage de machines), donc réduire de 60% l’espace actuel et éliminer les déplacements fréquents en quête d’outillage manquant.

Entouré de la volonté de la direction, un groupe de huit collaborateurs s’est mis au travail. Avec le soutien et l’accompagnement de BeLean, les collaborateurs – dont Yohann BenLoukil, l’opérateur lui-même, Helder Ribeiro, le chef de projet, Sofiane Anani, Pascal Bouchot, Eloi Drezet Marçot, Afrim Jakaj, Steven Lhomme Choulet et Nikola Trendafilov – se sont penchés sur le triple poste de l’opérateur.

Les idées ont fusé de part et d’autre : « Chacun s’est exprimé. Yohann était au centre des préoccupations, il a formulé ses besoins pour une journée de travail. Nous avons remis en question chaque geste et supprimé certains éléments qui n’étaient pas indispensables », témoigne Helder Ribeiro, chef de projet.

Yohann BenLoukil, opérateur

Helder Ribeiro, chef de projet et technicien consommables & projection

La maquette ? Un outil d’intelligence

Un premier dessin a été esquissé, muni des différentes fonctions retenues. « Chacun avait ses outils personnels dans une caisse et devait, au gré des besoins, aller chercher un joint ou un outillage. Aujourd’hui, les outils ne nous ”appartiennent” plus, ils appartiennent au poste », relève Yohann.

Ce premier dessin s’est transformé en une maquette en carton solide, fabriquée sur place. Et là, la « magie » a opéré. « La première réaction des opérateurs ? Ils ont plutôt été interrogatifs par rapport au bénéfice de cette opération. Mais quand ils ont vu la maquette, tout le monde s’est pris au jeu. Chaque opérateur au sein de l’atelier a pu donner son idée. Cela a engendré un élan, une motivation. Ils ont eu le sentiment d’être pris en compte », résume Yohann.

Maquette en carton réalisée lors de l’élaboration du poste de travail.

« Bien qu’anodine en soi, une maquette en carton, précise Pierre-Emmanuel Saurais de BeLean Consulting, est un outil d’intelligence. Elle permet un contact avec le sens. Les gens sortent de la connaissance pour être dans l’expérience, lieu de contact avec la créativtié et les ressources, le tout mené par une vision partagée. Les personnes agissent spontanément et annihilent les tensions, parce qu’elles créent un cadre ”ludique” tout en s’exprimant. C’est une excellente façon de contourner les blocages de l’apprentissage des adultes et de libérer la créativité industrielle, tout en générant un esprit d’équipe. » Et c’est exactement ce qui s’est passé au sein de cet atelier de BTG. Cette maquette en carton a permis d’expérimenter l’esquisse, de voir, de toucher. Et de corriger. Puis la maquette a laissé place à une seule structure tubulaire, comprenant les trois fonctions initiales.

« Un vécu autre que la production »

Yohann ne tarit pas d’éloges : « C’est la première fois que nous avons participé à une telle démarche. C’était vraiment constructif. Nous avons travaillé avec cohésion pour atteindre les objectifs. Nous avons réussi à 100 % et même dépassé les objectifs que nous avions fixés ». Helder surenchérit : « Plus de déplacements inutiles et le gain de place de 75% a permis de répondre au défi de Pascal : créer une zone piétonne ». Selon Yohann : « Les opérateurs se sentent à l’aise, contents d’être devant leur poste de travail. L’ergonomie est meilleure, nous avons aussi une meilleure vision de l’ensemble de l’atelier. Pour nous, c’est le top ! Je me sens bien, plus efficace, plus dynamique. Nous avons tout sur place et ne perdons pas de temps au cours de la production. »

Avant

Après

Ressent-il de la fierté d’avoir contribué à son environnement de travail quotidien ? « Oui, mais ce n’est pas une fierté mal placée. C’est plutôt comme une reconnaissance de mes supérieurs vis-à-vis de mon engagement. Nous avons eu l’impression que les gens des bureaux ont écouté les gens du terrain. J’ai apprécié le fait d’être sorti de la production le temps de ce projet, le temps de réfléchir et d’exprimer les besoins d’un opérateur. Aujourd’hui, l’équipe a vraiment une meilleure cohésion. On se voit sous un autre angle. Nous avons un vécu commun, une expérience autre que la production. Le monde de BeLean et notre monde se sont mélangés. Depuis cette expérience, lorsque je me promène dans l’usine, je me dis : ”Là, on pourrait gagner en ergonomie, en place, en sécurité, en rentabilité !” C’est une réelle motivation. »

Outre les objectifs du mandat – gagner en place, en sécurité et en temps – plus qu’atteints, BeLean a aussi rencontré un autre but avec cette démarche participative: que l’équipe de BTG gagne en autonomie ! Le chef de projet Helder Ribeiro abonde : « Oui, nous avons gagné en autonomie. Une capacité d’observation, de réflexion et de transormation a été déclenchée. »

Carte blanche de la direction

Pour Raphaël Gorette, directeur de production, « ce chantier est arrivé au bon moment. Il a permis de faire passer le message que les collaborateurs peuvent être acteurs du changement, et ce de la base aux cadres. On leur a laissé carte blanche. »

La direction de BTG souhaitait montrer qu’existaient non seulement une volonté, mais aussi une capacité d’aller jusqu’au bout de l’idée. Le passage par la maquette en carton a permis de concrétiser cette volonté, de fournir un élément palpable, à partir duquel l’idée se transformerait en réalité, tout en évitant les traditionnels écueils de conception (fonction manquante, défaut ergonomique, etc.).

« Ce projet accompagne le changement, la mise en place des processus d’amélioration continue. Ce chantier va sans doute permettre de faire sauter deux ou trois verrous. Et notamment au niveau humain. J’espère qu’il ouvrira la porte sur d’autres sujets et donnera l’opportunité aux collaborateurs de s’exprimer », relève encore Raphaël Gorette.

Effet boule de neige ? Oui. Et un effet apparemment vertueux, aux « répercussions positives » aux yeux de Pascal Bouchot, responsable sécurité.

Raphaël Gorette, Operations Manager

« Une démarche bénéfique »

« Le fait d’avoir été écouté et intégré à la démarche, c’est important. Important pour la santé morale, le bien-être au travail. C’est quelque chose d’invisible, mais essentiel. C’est la première fois que l’on me demandait mon avis. » Yohann BenLoukil, l’opérateur, exprime bien la « démarche bénéfique » que Claudia Moreno, directrice des ressources humaines chez BTG, a observée au sein même de l’entreprise : « La démarche de BeLean Consulting est singulière et bénéfique, car elle se déroule sur place, intégrée dans le contexte où la compétence sera ensuite déployée. C’est idéal. »

Si, dans un premier temps, certains ont pu se montrer « méfiants ou déstabilisés », les collaborateurs ont, réunis autour d’un objectif, tissé des liens, se sont posé des questions, se sont formés au changement et à l’autonomie en tant qu’acteurs: faire son travail sans supervision, en être responsable, être capable de réagir lorsque surgit une complication, un problème, un dysfonctionnement. « Et derrière ce mouvement, précise Claudia Moreno, on pense pérennité de l’entreprise. »

La démarche proposée par BeLean Consulting – avec la co-construction d’une maquette – est novatrice, tout simplement parce que « c’est la première fois, note la directrice des ressources humaines de BTG, qu’un formateur est ”descendu” dans l’atelier de production, qu’il est allé à la place de travail de l’opérateur. Une fois fédérée, l’équipe de ce projet a adoré. Les collaborateurs sont sortis de leur zone de confort, mais ils ont retrouvé leurs ressources personnelles en sortant du cadre. L’important, c’est de les amener – et cela a été possible avec BeLean Consulting, partenaire accessible et ressource stimulante – à trouver eux-mêmes un résultat. »

Claudia Moreno, HR Manager

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